Nul Lamta à Smara
Jour 6
Lundi 13 janvier 2025
La nuit fut très douce, un plafond nuageux bas s’est installé nous apportant l’humidité. Heureusement il n’a pas plu la nuit (égoïstement pour notre confort au bivouac !), et pourtant le désert en a tellement besoin !
Ça bavarde ce matin en buvant le café, tellement bien installés dans les fauteuils, les trois quarts des chameaux sont déjà chargés ! Le petit déjeuner est vite emballé.
Nous suivons une vallée entre une multitude de plissements qui nous empêchent de revenir vers le sud. La vallée se ressert, je pars devant pour sécuriser que les dromadaires chargés puissent passer sur les traces d’un ancien chemin pour franchir un col. Les lacets de l’ancien passage sont encore marqués entre les rochers et les épineux bien secs. L’air est mouatte aujourd’hui et nous transpirons.
Nous remontons des vallonnements gréseux et de roches brûlées par le soleil.
Traces de dromadaires assez récentes et de campements, plusieurs cimetières.
Les nuages disparaissent grâce au vent qui s’est levé venant sûrement des plaines sableuses, le ciel est blanc – laiteux.
Nous coupons la petite route de Borg à Assa, pour suivre une piste à peine tracée qui sillonne sur le plateau vallonné.
Quelques coloquintes (sorte de courge toxique, rondes diamètres de quinze centimètres), signe qu’il a quand même plu un peu.
Sur notre gauche, deux campements nomades avec des tentes blanches, on ne voit personne à l’extérieur, ni d’animaux.
Nous apercevons plein sud une belle chaîne de montagne en contre jour, qui dépasse plusieurs crêtes aux tons clairs, différents gris, la dernière est noire, c’est le jbel Bani juste avant l’oued Drâa.
Le bivouac se trouve juste au bord du plateau, au dessus d’une gorge, l’oued Elgadroure. L’eau ne coule pas mais la végétation est présente, de très anciens arganiers à côté d’un puits en eau clair à trois mètres. Les palmes séchées des palmiers s’agitent avec le vent, des lauriers-roses bordent le pied des roches polies de l’oued.
Il est seize heures, vingt quatre kilomètres de marche aujourd’hui. Altitude cinq cents mètres.
Proche du bivouac se trouve un tumulus très ancien. Malheureusement fouillé par des pillards de trésors, situé en bordure d’un cimetière séculaire. Les pierres tombales aux extrémités du corps sont très grandes. Nous sommes sur la route de l’or. Les pillards des caravanes chargées d’or, cachaient souvent leurs butins dans ces lieux sacrés de tumulus et en bordure des cimetières, sur des passages de cols et en haut de montagnes. Malheureusement ces pillards sont aujourd’hui équipés de détecteurs de métaux. Triste la disparition de ce patrimoine.





