Nul Lamta à Smara
Jour 4
Samedi 11 janvier 2025
Le froid au lever est perceptible, pour Colin qui vient d’Écosse cinq degrés ce n’est pas froid, pour nous les Marocains deux degrés c’est froid même si ici le froid est sec ! Ayant oublié un thermomètre nous n’aurons pas la précision.
Un petit feu est bien agréable pour se chauffer le bout des doigts avant le petit déjeuner.
Nous trions encore quelques sacs de nourriture et matériel à laisser au pickup avec Kassi que l’on retrouvera au prochain ravitaillement, nous devons alléger le matériel, les chameaux sont très chargés.
Abdellah notre ami photographe et vidéaste est venu deux jours effectuer quelques images, il repart ce matin vers Ouarzazate.
Départ de la caravane vers neuf heures. Nous marchons plein sud dans une immense vallée sableuse large de huit kilomètres comme décrite par Michel Vieuchange et bordée du chaînon rocheux nommé Arouel à notre gauche.
Nous arrivons à treize heures dix au pied d’une colline recouverte de blocs noirs, anthracite. Au pied un puits, eau à vingt mètres environ. Il reste une flaque dans l’abreuvoir, cela nous indique que des nomades où bergers sont dans les parages.
Je demande à Brahim de baraquer le dromadaire du midi pour nous laisser quelques tomates, du pain et deux fromages frais de chamelle, pour un repas casse-croûte.
Nous ne pouvons pas arrêter la caravane chargée plus de cinq minutes car les chameaux chargés baraqueraient et se coucheraient sur le côté pour essayer de retirer leurs charges, ce qui serait absolument catastrophique et dangereux pour les dromadaires qui se débattraient de leurs cordages pris dans les pattes.
Nous laissons la caravane repartir jusqu’au lieu prévu du bivouac, encore deux heures de marche.
Après ce bref repas et pose, nous rejoignons le haut de la colline rocheuse pour découvrir quelques très belles gravures rupestres, représentants deux cavaliers avec boucliers dont l’une avec une lance. Une antilope de plus grande taille style addax aux cornes dirigées vers l’avant, une autruche et peut-être un crocodile.
Nous retrouvons la plaine, sur l’horizon se dessine perpendiculaire un large oued couvert d’acacias.
La plaine était autrefois cultivée, d’anciens sillons se dessinent.
Nous apercevons deux tentes de nomades à peine visibles à l’ombre sous les acacias aux feuilles verdies par une brève pluie.
Il est 15 heures. Cinq heures trente de marche, environ vingt-deux kilomètres. Nous dégustons une salade à l’ombre de la tente nomade.
En milieu d’après-midi le vent se lève et devient fort dans la direction de Fask soulevant un nuage de poussière. Heureusement notre vallée est un peu protégée par les plissements rocheux.
La lune se lève éclairant toute la plaine.





