Nul Lamta à Smara
Jour 11
Samedi 18 janvier 2025
Petit déjeuner, le ciel encore très sombre.
Tout d’un coup, une espèce de flux, une ondée d’or, sortie de la crête du jbel Ouarkziz, transperce un nuage à l’horizon et glisse au ras de la terre. Les couleurs composées du spectre viennent chauffer la terre.
La journée est longue et nous voulons rejoindre Khenga Ali ce soir, yallah ! Départ plus matinal.
Nous reprenons l’axe sud-ouest, longeant les plissements successifs rocheux bruns usés, peut-être rosâtres et grenats. Trois bandes de nuages au-dessus de nos têtes ont résisté malgré le vent d’hier et de la nuit, parallèles aux plissements de l’immense Jbel Ouarkziz, ils tournent vers le Sud et se détachent de l’oued Drâa. Très étonnant !
La plaine que nous traversons n’a pas été arrosée, la terre et les plantes sont sèches, leurs couleurs brûlées, pales.
Un « Sirli du désert » remarque notre passage et siffle son chant aigu sans insistance. Il est encore tôt pour qu’il ponde ses œufs dans un nid au cœur d’une petite touffe. Il protège sa couvée des prédateurs par les ruses de son chant qui s’élève dans les tonalités des aiguës qui interpelles, puis il virevolte à la verticale sur huit à dix mètres de haut. Plonge en traçant une courbe en déployant ses ailes qui apparaissent en parties blanches et noires, détournant le prédateur de sa trajectoire et se pose vingt mètres plus loin. Il apparaît couleur sable avec le bec de la même couleur, imperceptible. Il rechante aux aiguës, le prédateur lui bondit dessus, il farandole à nouveau à dix mètres de haut, l’éloignant encore un peu de son nid jusqu’à ce que le prédateur oublie sa proie du départ ! Quelle ingéniosité dame nature à offert au Sirli du désert pour sa survie.
Dans cette plaine anthracite, parfois des sortes de « sebkha » dépressions blanches, lissées par l’eau de pluie laissent une étrange plaine écrue – blanche. Nous nous rapprochons du Jbel Bani et l’échancrure de Khenga Ali nous indique le lieu du bivouac, proche d’une citerne d’eau « Tanoute-fi ». Les acacias disséminés dans l’oued Khenga, un peu grisâtres sont la pâture de nos dromadaires.
Il est quatorze heures dix minutes, presque cinq heures de marche, environ dix-huit kilomètres.
Altitude deux cent vingt mètres.
Le ciel est chargé de nuages foncés qui s’accrochent sur les plissements rocheux, nous ne savons pas s’il pleuvra ?
Tentes montées, le plat de lentilles mijoté hier soir se réchauffe. Repas de midi chaud et apprécié.
Le Shir arrive avec une vieille landrover Santana verte. Brahim le rejoint et lui remet les documents habituels d’identités.
Kassi et Ychou nous rejoignent en soirée avec le pickup, viande de chamelon, repas délicieux





