Nul Lamta à Smara

Expédition Saharienne – 40 jours

Notre caravane de dromadaires est arrivée en camion depuis Zagora sur les ruines du site historique de l’ancienne cité caravanière NÛL LAMTA, commune d’ASRIR proche de GUELMIM.

La grande aventure démarre ce 9 janvier 2025, six voyageurs, neuf chameaux, trois chameliers, un cuisinier, deux guides.

Trente-huit jours de marche et six cent cinquante kilomètres sur les routes anciennes : historiques, culturelles et du commerce caravanier Saharien Marocain, pour rejoindre SMARA, le but de notre traversée.

Après la visite du site historique de Lûn Lamta commentée par M’bark, nous avons pris la direction de la source sacrée, pour emmener les chameaux boire l’eau claire qui coule en surface, la seule source durant les 40 jours ! Ensuite les dromadaires, comme nous, boirons l’eau des citernes, des puits. Parfois l’eau sera un peu salée, saumâtres, nous sommes au Sahara. Première halte au cœur de la palmeraie de Tighmert

Nous avons marché sur les pats de Michel Vieuchange qui atteint Smara en 1930, croisé l’ombre de Camille Doult qui osa s’aventurer en 1888 chez les Maures.

Nous avons traversé ces contrées Sahariennes autrefois habitées par ces grands seigneurs du désert mais aussi par des tribus rebelles.

Sidi HAMED R’GUIBI, originaire de la vallée du Drâa, savant de l’Islam, surnommé « Layth », une des appellations du lion du désert, accomplira une retraite durant dix ans dans la grotte KHLOUA située sur l’oued CHBIKA. Nous bivouaquerons au pied.

Sidi AHMED LAROUSSI, grand saint du Sahara Marocain vécu sur les rives de la SAGUIA EL HAMRA il y a cinq cents ans. Nous visiterons son mausolée puis nous planterons nos tentes au pied du rocher de « Tbeila ». A sa base se trouve une échelle, autrefois un tronc d’arbre qui permettait au Cheikh de se recueillir en haut du rocher.

Le SHEIKR MALAININE originaire de Mauritanie vécu aussi dans ce grand désert. Il a commencé la construction de la citadelle de SMARA en 1898. Entouré de toutes les tribus, il a été grand résistant à l’arrivée des Espagnols et des Français.

Ce désert est parsemé de traces de vie, de gravures rupestres, de silex taillés, de tombes très anciennes. Nous avons été étonnés par les ruines d’un ksar d’une tribus Arabe du moyen âge venue du Yémen dans la Saguia El Hamra, situé en haut d’une colline.

Nous avons été subjugués par les tumuli, MONUMENTS à ANTENNES mystérieux, construits sur des demi-plateaux des rives des oued DRAA, CHBIKA et El HAMRA, dont les antennes peuvent atteindre chacune 30 à 200 mètres de long, daté de 3500 à 4000 ans.

Jemia et JMB LECLEZIO ont inspiré notre voyage. Nous avons rencontré quelques membres de la famille Laaroussi. Ces grands nomades, « les gens des nuages », qui parcourent le désert à la recherche des pâturages pour leurs troupeaux.

Les pensées d’Antoine de Saint Exupéry nous ont imprégnées au long de nos marches

comme les aventures Sahariennes d’Odette du Puigaudeau en 1934.

Nous étions envoutés par la beauté épurée, de cette route des grands Saints du Désert, des caravanes Sahariennes et de ces grands voyageurs.

Comme Théodore Monot, nous avons emmené avec nous une petite bibliothèque pour nourrir nos lectures, l’approche historique et poétique de ce désert.

Nous remonterons l’oued Selouane, comme Michel Vieuchange aperçu la cité du désert construite de pierres noires et perchée sur la hamada qui dominait la Sagia El Hamra.

L’arrivée à SMARA était émouvante, accueil des autorités et parenté de la famille Malaïnine devant la Zaouia Malainine.

Bienvenue dans cette caravane, grand voyage chargé d’émotions.

Itinéraire que j’ai imaginé devant une carte à Ouarzazate il y a une dizaine d’année, dont je suis très heureux de vous partager l’aventure.

Nûl Lamta

Tumulus à antennes

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