Nul Lamta à Smara
Jour 3
Vendredi 10 janvier 2025
Après une excellente nuit dans la palmeraie de Tighmert à la « maison nomades » située au cœur d’un magnifique jardin fleuri.
Je me réveille un peu tôt, il fait encore nuit noire.
Tellement de choses à préparer et terminer avant mon départ de Ouarzazate pour me libérer pour cette traversée de 45 jours, loin de Dar Daïf et de l’organisation des voyages et des traversées. Il me manquait une journée avant mon départ pour mieux répartir mes sacs comme je le fais pour les grandes traversées.
Durant ces deux heures je réparti mes sacs, personnels, matériel technique, dossier autorisations, matériel vidéo, batteries et panneau solaire, téléphone satellite et balise, pharmacie conséquente, une petite bibliothèque sélectionnée, des documents imprimés de l’internet et envoyé par mon ami Michel et reliés la veille du départ par Najat pour nous donner des précisions sur cette route historique du désert, une trousse de réparation très complète
Quand on part quarante jours en expédition, pas le droit d’oublier l’essentiel mais aussi toutes choses qui semblent des détails pouvant avoir une grande importance pour réparer lunettes, chaussures et soigner les maux divers se présentant. Je ne suis pas seul, mais avec des voyageurs et une équipe.
Petit déjeuner très copieux avec yaourts au lait de chamelles (fabriqués à cinq cents mètres par la coopérative Lamta, un délice !).
Chargement des dromadaires, nous rajoutons aujourd’hui les sacs de chaque voyageur. Adieu à Brahim notre hôte et son équipe de l’auberge « maison nomades ».
Nous traversons à pied avec la caravane par les chemins au cœur de la palmeraie qui relient un chapelet de petits villages, puis plein Est en marchant sur le flanc de l’oued légèrement encaissé et bordé de lauriers-roses. Cette petite gorge rejoint la source de l’oasis, qui ne coule plus depuis une dizaine d’années à cause de la sécheresse.
Nous remontons sur le plateau, quelques touffes de plantes bien sèches et grises couvrent le désert.
Nous arrivons à la source chaude, à quatorze heures trente minutes. Quinze kilomètres.
Un palmier a pu pousser juste à côté.
L’eau est à la température d’environ trente degrés et sulfureuse.
Douche très agréable et relaxante avec deux grands seaux par personne comme au Hammam ! L’odeur du souffre ne reste pas sur la peau.
Je partage un moment d’organisation avec Kassi le chauffeur du pickup qui effectuera les divers ravitaillements au long du parcours.
Nicolas explique à l’équipe devant une ancienne carte le parcours de Michel Vieuchange effectué en 1930 qui est passé au village de Fask que nous apercevons juste en face. Nicolas n’imaginait pas que nous puissions voir ce village devant nous, il en est ému.
Je reviendrai au long de la traversée sur un post plus précis sur le voyage initiatique de Michel Vieuchange.
Repas ce soir préparé par Mohamed chef de la soupe ! Idir gère les brochettes de viande de chamelon qui ont macéré dans une sauce une partie de l’après-midi, puis grillées sur la braise, particulièrement délicieuses et fondantes ! Samir s’occupe du plat de légumes., excellent ! La soirée est douce autour d’un petit feu.
Une grande fatigue ressort ce soir des derniers jours de préparations. M’absenter quarante-cinq jours nécessite une anticipation à la bonne marche de notre caravane et de la caravane d’Ayoub qui est parti quinze jours avant nous avec deux personnes pour soixante-deux jours de marche. Une option de prolongation d’un mois nous était demandée il y a deux jours. Finalement cette caravane « thérapeutique » ou « chemin de vie » effectuera 6 mois de marche. Je préparerais la veille de mon départ de Ouarzazate la suite de cet itinéraire et la répartition approximative des étapes presque jusqu’à l’Océan, sans oublier l’ensemble de Dar Daif !
Je porte aussi le souci de santé du Malhème Brahim que j’ai géré ces dix derniers jours et m’a occupé l’esprit et du temps, il était à deux doigts de partir… J’ai demandé à Bennadi de prendre le relais et gérer la suite en se coordonnant pour les multiples analyses, scanner, spécialistes. L’malhème Brahim à construit tous les plafonds en roseaux de Dar Daif, ajusté et posé une grande partie des carreaux verts sur les murs et effectué les nombreux enduits en terre. C’est un ami depuis trente ans, un maître artisan, je l’estime beaucoup.
Le vent qui soufflait en fin de journée est tombé. La lune éclaire le bivouac ce soir, agréable de bien percevoir l’environnement, les étoiles sont peu perceptibles.
Je m’endors profondément vers vingt et une heure.





