Nul Lamta à Smara
Jour 2
Jeudi 9 janvier 2025
Quelques kilomètres en véhicule pour rejoindre le village d’Asrir, et notre caravane de dromadaires aux ruines de NÛL LAMTA, proche de Guelmim, vestige de l’ancienne cité médiévale Nûl Lamta ou également nommée la forteresse d’Agwidîr. Si M’bark Moutik, responsable de la culture au conseil communal d’Asrir, nous accueil pour visiter l’exposition réalisée par le centre Jacques Berques à Rabat en 2022.
L’étude et le travail sont d’une qualité exceptionnelle et permettent de mettre en valeur la richesse historique de cette ancienne cité, patrimoine National, de l’époque 10ème – 12éme siècle. Halte précieuse des caravanes dans cette région du Sahara en provenance de l’ancien Soudan, (Mali, Niger, Sénégal et l’empire du Ghana) qui transportaient l’or où il sera frappé en monnaies par les Almoravides.Si M’bark nous emmène à pied découvrir le site historique de Nûl Lamta et nous explique les différentes parties de cette forteresse caravanière située sur les routes transsahariennes de l’Ouest Africain dont aujourd’hui il reste les ruines.La télévision nationale 2M et la chaîne locale Laâyoune sont venues sur le site pour marquer et encourager le départ de notre caravane chamelière, quelle reconnaissance !L’équipe des chameliers et les dromadaires apparaissent derrière la colline et rejoignent le site de Lûn Lamta.
Nos dromadaires et les chameliers sont arrivés il y a quelques jours ici en camion depuis l’Est de Zagora du désert de Maïdr, une journée et une nuit entière de route.Des salutations de joie s’échangent avec l’équipe des chameliers et nos amis voyageurs, qui ont déjà réalisé ensemble plusieurs longues traversées dans l’Atlas où le désert.La grande aventure démarre à l’instant, ce projet je l’ai imaginé devant une carte il y a plus de dix ans. C’est un moment chargé d’émotions pour moi également, et je suis très heureux de vous le partager.Yallah ! direction la source sacrée où nous effectuons un petit détour, pour emmener les chameaux boire l’eau claire qui coule en surface. Peut-être la seule fois d’eau limpide pour les chameaux durant les 40 jours ! Ensuite les dromadaires boiront l’eau de citernes, de puits, parfois l’eau sera un peu salée et saumâtres, nous sommes au Sahara.Nous marchons en direction de la palmeraie de Tighmert, droit sur le minaret blanc qui dépasse du petit hameau de Sidi Ahmed. À l’approche de la palmeraie, un bâtiment recouvert de chaux se distingue. Brahim le guide m’indique qu’il s’agit d’une Zaouia, je remarque le bâtiment bien restauré.
J’imagine qu’il s’agit d’un « Wali » important (Marabout, grand homme pieux). Brahim me précise que Sidi Ali Malay’inine à vécu ici et enterré, c’est le frére du Sheikh Malaïnine qui a construit Smara. Quelle découverte ! Dès notre première étape nous passons à coté du tombeau de Sidi Ali Malainine, et nous terminerons le dernier jour de notre caravane en rendant visite au tombeau de son frère le Cheikh Malaïnine qui a construit la Zaouia et la fortification de Smara. Cela donne un sens plus important à notre traversée, nous sommes sur une route de grands Walis Sahariens qui ont façonnés le Maroc d’aujourd’hui !
Dans ces Zaouiats une grande pièce souvent carrée est réservée aux convives et à la grande famille pour se retrouver, psalmodier le Coran et réciter du « dihkr » (Pratique spirituelle essentielle en Islam, répétions rythmée de formules sacrées, un peu comme le mantra dans l’hindouisme et le bouddhisme). Une grande cuisine équipée, divers piéces pour que les familles venues de loin puissent dormir.
L’ensemble est batti autour d’un tombeau, parfois décoré, recouvert par un tissu de velours vert (couleur fortement symbolique dans l’Islam). Les visiteurs et pèlerins y font des offrandes qui sont partagées aux pauvres comme dans la Zaouïa de Tamgrout.
Chaque année s’effectue aussi un Moussem. La caravane repart, nous rentrons dans la palmeraie et nous contournons la grande mosquée pour arriver chez Si Brahim où nous dormons une deuxième nuit dans son auberge.Première étape de trois heures de marche, les dromadaires baraquent dernière la « maison Nomades ».Les tables basses sont déjà prêtes sous la grande tente dressée dans le jardin. Nous dégustons un délicieux tadjine de kefta de viande de dromadaire, l’occasion pour toute l’équipe, nos invités et voyageurs de fêter ce grand départ !L’après-midi certains se reposent, lisent. Trois partent à Guelmim acheter des fokéyas, vêtement traditionnels amples et agréables pour marcher la journée, où une djellaba bien chaude avec capuche pour les soirées fraîches. Si M’bark Moutik, (devenu depuis notre ami), viendra nous monter une pièce d’or frappée à Nul Lamta qu’il a pu retrouver dans le nord du Maroc. Qu’elle joie de découvrir cette pièce d’or, toute fine, beauté lumineuse.Douze kilomètres de marche.





