Nul Lamta à Smara
Jour 23
Jeudi 30 janvier 2025
Vent toute la nuit, habituel depuis une semaine.
Brahim et Nicolas partent avec un chameau remplir deux bidons chez L’bachir.
Nous avons cinq bidons d’eau claire pour les deux prochains jours, où nous prévoyons d’arriver à Zaouiat Sidi Ahmed R’guibi.
Nous rejoignons l’oued et les calotropis proceras. La luminosité rasante transperce les nuages, la traversée de l’oued est magnifique.
J’effectue un détour en courant pour grimper en haut d’une colline plate et je trouve un petit tumulus à antenne dont la grande aile ouest sud ouest mesure quatre vingt dix mètres de long, épouse parfaitement la crête étroite et en pointe de la colline. L’aile opposée est très courte.
Pluie fine ventée, dix minutes sur la crête du tumulus. En descendant, un magnifique arc en ciel se dessine, « Tislit’n anzar », (la fiancée de la pluie en Amazir – berbère).
Je cours en footing trente minutes pour rattraper la caravane qui traverse le reg plein ouest. Cette plaine caillouteuse se termine en plateau. Nous découvrons en contrebas une dépression très plate, nous suivons une petite piste. Traces dans le sable d’un troupeau de chamelles.
Le vent souffle régulièrement toute la matinée, supportable en étant bien protégé avec le chèche sur le visage. La traversée de cette « daya » est aidée par le vent qui nous pousse. Nous titubons poussés par le vent, traversée d’une « sebkha », comme le fond d’un lac plat. Nous nous engageons en restant sur la gauche proche de la montagne. Un oued laisse apparaître de grands à acacias qui s’avèrent très secs. Une magnifique tombe sur un crête domine la sebkha. Brahim suit l’oued et baraque les dromadaires un peu abrités du vent. Les tentes sont difficiles à monter avec les bourrasques qui soulèvent la toile. Il y a peu de cailloux pour conforter l’encrage des tentes. Les piquets en fer des tentes s’enfoncent difficilement, le sable recouvre un lit de cailloux.
Malgré ces tourbillons de sable fin qui volent partout Idir et Samir arrivent à nous préparer une salade bien appréciée.
Nous avons marché quatre heures, soit dix sept kilomètres. Il est quinze heures trente, une sieste se précise, le visage emmitouflé dans le chèche. Je m’endors plus d’une heure. Je suis réveillé par le bruit de Brahim qui coupe avec la pioche la colonne vertébrale d’un gros morceau de chèvre offert hier soir par L’bachir. Un délicieux ragoût se prépare pour ce soir.





