Nul Lamta à Smara
Jour 31
Vendredi 7 février 2025
Alzir et Capella se préparent à plonger à l’Ouest, le Scorpion termine sa sortie à l’horizon Est, la grande Ourse veille toujours. J’aime me lever avant la fin de la nuit.
La lumière de Smara apparaît dans le ciel Sud – Ouest. Tout est calme, chaque âme vol encore dans ses rêves. Seules les mâchoires des dromadaires mastiquent les plantes égrenées la journée. Même s’il n’y avait pratiquement rien à brouter au bivouac ils se sont contentés de quelques plantes sèches, dures et épineuses.
Le temps passe si vite.
En marchant il est difficile d’écrire autres que quelques pensées brèves.
L’arrivée à l’étape s’effectue en début d’après-midi.
Le montage du bivouac prend plus d’une heure, comme le repas. Le repos est élastique, certains jours je dois choisir après le repas m’endormir où lutter contre le sommeil pour lire et écrire. La douche « de chat » prend dix minutes. Il reste encore une bonne heure pour écrire, lire, découvrir autour du bivouac.
Nicolas aime aussi en fin de journée se balader, prendre un peu de hauteur, composer des images avec le soleil rasant aux couleurs pures. Nicolas a découvert son premier tumulus à antennes hier soir.
J’écourte le petit déjeuner pour rejoindre cette colline au monument à antenne et relever les points GPS, quelques notes.
Tumulus à antennes tout à fait intéressant, antennes petites et identiques qui s’étalent sur vingt cinq mètres chacune, composée de dalles de sédiments incrustant des coquillages où des ondulations sableuses. Beauté des lieux.
Ces monuments à antennes sont toujours ouverts sur un horizon lumineux. J’effectue la recherche sur quelques crêtes suivantes. S’y trouve uniquement des tumuli ordinaires dont beaucoup ont été utilisés par les militaires qui ont démonté la partie nord du tumulus pour se protéger et sécuriser les lieux par des murs recomposés.
Je découvre l’ossature en bois d’une tente archaïques de nomade. Il me faudra presque deux heures pour rattraper la caravane qui avance vite.
L’oued Saguia El Hamra est immense, dans la partie où nous nous trouvons, sa rive droite est de plus en plus séche, désertique même. Nous croisons pourtant quelques grands troupeaux de chamelles avec leurs chamelons qui pâturent ces maigres plantes sèches. Sur cette rive l’eau n’a pas coulé, la luxuriance d’hier laisse place à l’enfer brûlé.
En marchant j’évite de peu de mettre mon pied sur une sorte de gros lézard, « Agame de boehme », sa couleur est identique au sol. Nous l’observons, ses yeux nous inspectent, il ne bouge absolument pas, juste son ventre bat. Nous te laissons tranquille « Agame de boehme ».
Arrivée au bivouac à quatorze heures, environ vingt kilomètres. Il a fait très chaud la dernière heure et demie, Michèle a souffert d’échauffements aux pieds.
Les dromadaires n’ont absolument rien à manger ce soir, ils se sont d’ailleurs assis cet après-midi et ruminent ce qu’il leur reste dans le ventre.
Juste avant le coucher du soleil je traverse la plaine, les matières du sol sont étonnantes. Sur la hauteur d’une colline découverte d’un tumulus en forme ovale.





