Nul Lamta à Smara
Jour 25
Samedi 1 février 2025
Durant le chargement des chameaux, les deux familles venues de Tan-Tan effectuent des selfies devant les dromadaires. L’une des dames demande à Brahim à monter sur le dromadaire, il accepte, elle enfourche le chameaux, photos avec la petite famille.
Nous quittons le petit hameau du mausolée Sidi Ahmed R’guibi. Le gardien Sidati nous rattrape et nous demande une photo de lui avec notre caravane et l’équipe. Avec grand plaisir cher Sidati, originaire d’une ancienne famille du plateau. Il doit y avoir quelques décennies qu’une caravane de dromadaires chargée n’a pas fait escale ici !
Les vallonnements gris, grenats se succèdent. Je grimpe en haut de trois montagnes qui pourraient accueillir quelques tumuli et traces humaines. Rien qu’une multitude de cailloux ronds, polies et marbrés aux couleurs claires d’une autre matière que les cailloux anguleux du plateau.
En croisant un oued, nous retrouvons quelques touffes de lavandes odorantes et d’asphodèles fleuries. Un groupe d’une douzaine d’ânes, redevenus sauvages comme des antilopes, abandonnés par les nomades partis en ville, les oreilles tendues pour capter le moindre signe d’insécurité et se sauver.
Nous sortons des montagnes par un vallon qui devient une vallée avec des acacias presque verts, aux épines très pointues, durcies par la sécheresse. Une citerne « tanount-fi » sans eau. Un cimetière ancien situé sur la crête d’un petit plateau qui domine l’oued, m’attire. La disposition des groupes de tombes est très belle. Le lieu dégage la sérénité. Paix aux âmes qui s’y trouvent. Une grande mosquée à ciel ouvert témoigne que l’on vient régulièrement ici en pèlerinage se recueillir sur les tombes des anciens.
Entre les acacias, la caravane se dirige sur un puits en bordure de l’oued. Le portique et la margelle en ciment sont récents.
Les dromadaires sont baraqués, il est treize heures trente. Une journée douce, environ quinze kilomètres. Nous marchions ce matin trois kilomètres et demi à l’heure. Hier c’était quatre et demi et plus à l’heure.
Tentes vîtes montées, sans le vent, tellement plus facile. Il y a aussi des gros cailloux partout pour ajouter sur les rebords de la tente et que le vent ne s’engouffre pas.
J’installe les fauteuils sous un acacias parasol centenaire, son ombre est fraîche !
Repas de midi bien agréable, omelette légère avec quelques légumes mi-cuits. Samir ajoute une petite gâterie, des tranches d’oranges coupées et poudrée de cannelles. La pulpe de l’orange est chargée d’un jus exquis, savouré au fin fond du désert de cailloux.
Mes yeux se ferment, la sieste est bien venue.
Je suis réveillé par deux oiseaux qui chantent une douce mélodie. Plastrons blancs, têtes et dos noir, en volant leurs ailes deviennent noirs et blanches. Deux traquets rieurs sautent de buissons en acacias. Des fournies s’activent, il y a un peu de vie ce soir au bivouac. Un autre oiseau gris, tête blanche, collier noir, pâtes rouges.
Idir installe une corde sur la poulie du puits et tire de l’eau. Les dromadaires n’ont pas bu depuis quatre jours, même salée, ils s’abreuvent.
Les garçons sont également boulangers à tour de rôle.
Fin d’après-midi quand les lumières s’étirent, j’aime m’évader et gravir une colline, un sommet, l’occasion de repérer le parcours des jours suivant.





