Nul Lamta à Smara
Jour 10
Vendredi 17 janvier 2025
Cette nuit et ce matin tôt, le crie aiguë du chacal à fendu le silence.
Neuf heures nous marchons en bordure du lit de l’oued Drâa, le plus long fleuve marocain, vert lumineux, quel contraste. Roquettes, asphodèles fleuries, genêts et autres plantes déjà hautes, tamaris et acacias bien reverdis.
Sur notre gauche une petite tente de nomades, une landrover parquée à trois cents mètres dans la pente d’une petite colline, prête à démarrer. Probablement le démarreur ou la batterie ne fonctionnent plus.
Des dromadaires pâturent dans l’oued. Au loin un âne broie avec force.
L’horizon Ouest est chargé de nuages noirs qui s’accrochent sur les plissements ondulés du Jbel Mokto, rive gauche de l’affluent que nous remontons. Le vent frais souffle doucement, nous rentrons dans l’ombre des nuages. Le ronronnement du moteur d’une landrover nous parvient avant d’apercevoir le véhicule. La petite piste sillonne la plaine poussiéreuse d’un affluant rive gauche du Drâa. Nous suivons cette nouvelle et large vallée au pied du Jbel Ouarkziz qui s’étire Sud-ouest. Beaux acacias et quelques tamaris, le sable crème, laisse entrevoir le sol de couleurs blanche – rosée sous le sable soupoudré, comme sur du gypse, très belle matière.
Une petite pose apéritive il est treize heures, « vache qui rit » quotidienne pour patienter le repas.
Avant chaque repas, chaque casse-croûte même petit, nous sortons une savonnette, de l’eau pour nous rincer les doigts. L’hygiène des mains dans un tel voyage est primordiale pour ne pas s’infecter. Le changement alimentaire, la marche, l’eau des puits parfois salée contribuent à des modifications du métabolisme. Les intestins en premier nous alertent.
Michéle s’allonge avec son bout de pain à la main et s’endort, nous la suivons. Pour la première fois depuis le départ nous effectuons une petite sieste avant le repas pour nous détendre le dos, sous l’ombre d’un acacia, moment délicieux de repos.
En marchant nous ramassons du bois mort d’acacias pour le feu ce soir.
Le bivouac tout proche se situe à la fin d’un bosquet d’acacias après un puits.
Altitude cent cinquante mètres, arrivée treize heures cinquante, environ quinze kilomètres, la cadence était soutenue ce matin contre le vent, il faisait presque froid.
Sieste de l’après-midi rafraîchie par un bon vent. Chacun utilise un petit seau d’eau chaude, un litre et demi environ, de quoi effectuer une toilette confortable si on s’organise bien !
Nous ajoutons des pierres pour tenir la tente qui se soulève avec les bourrasques du vent. Le ciel se couvre de rouleaux noirs et épais, la pluie semble possible, le froid d’intensifie.
Le vent est fort, nous ne pouvons pas allumer le feu et nous prenons notre repas dans la tente nomade bien fermée.
Idir à capté un fil de réseau et la neige tombe dans la région du Moyen Atlas, le pourquoi du froid ce soir !





