Nul Lamta à Smara
Jour 12
Dimanche 19 janvier 2025
Le vent s’est calmé, les nuages ont fondu en rosée, une délicieuse nuit de repos.
Nous traversons des entendues de cailloux ronds et polis par les vents, un sentier se fraie le passage. Descente sur la plaine de terre glacée, toujours le même désert, du sable, des cailloux.
Après deux heures de marche petite pose « orange », au pied d’un bosquet de tamaris. Michéle remarque quelques gouttelettes de rosées accrochées sur la pointe des pousses de tamaris, magnifiques en contre jour. Je les goûte, effectivement très salées et agréable. Les dromadaires en raffolent !
Le sol est favorable à la marche, terre durcie et laquée par la stagnation ancienne de l’eau. En traversant une sebkha, devant nous, apparaît au sud un vaste plan d’eau bleu foncé, aussi bleu que le ciel ce matin. Notre premier mirage ! D’autres de succèdent et fuient sur l’horizon.
Nous longeons la rive droite de la vallée en remontant la vastitude de la plaine. Des paillettes de mica enchevêtrées brillent au soleil. Les acacias dans un oued marquent l’entrée d’une gorge. Deux palmiers indiquent que l’eau n’est pas loin. Le lieux s’appel Tamalih.
Nous y effectuons le bivouac, abrités du vent.
Il est treize heures quarante-cinq minutes, quatre heures de marche aujourd’hui, dix huit kilomètres.
J’aime ces jours, ces haltes tôt dans l’après-midi, le temps est précieux et me permet de lire, d’écrire, de savourer le voyage. Je n’ai pas fait de sieste pour bonifier ce temps délicieux, comme depuis plusieurs jours.
Après deux heures de lecture, j’effectue un tour sur les crêtes du plateau proche, couvert de cailloux noircis et polis par les vents sableux.
J’observe une mosquée du désert, matérialisée par des pierres, adossée à un tumulus. J’ai remarqué cela plusieurs fois, des lieux chargés d’énergies se rassemblent. Humbdoullillah.
Je continue sur un plateau au-dessus qui forme une colline plate avec deux petits tumuli aux extrémités. Joie de découvrir le premier « monument à antennes » depuis Lun Lamta. Deux antennes comme les ailes d’un albatros, soixante mètres (à l’Est) sur trente cinq mètres (à l’Ouest). Orienté plein sud, face à la chaîne du Ouarkziz. Altitude 230 mètres. Étrange disposition, vue ceux de l’oued Drâa et de l’oued Chbika qui sont orientés face à l’Ouest, vers l’Océan.





