Jour 7

De Sidi Hamza au M’goun

Samedi 21 août

La caravane est chargée ce matin à huit heures 30 mn, nous avons savouré tranquillement le petit déjeuner.

Nous descendons la vallée au pied des pentes de l’Ayachi qui nous paraissent si hautes. Nous apprécions retrouver la vie au premier village à Taarart. Gentillesse des habitants qui nous saluent, les enfants accourent avec des téléphones pour nous filmer.

Les cultures et jardins sont limitées à l’environnement des sources. Les champs aux abords des villages sont entièrement secs.

En traversant le village de Massou nous sommes invités par un homme à boire le thé. Il appel discrètement au téléphone prévenant qu’il avait cinq invités. A la sortie du village nous empruntons un petit sentier raide entre deux maisons. L’épouse de notre hôte souriante nous accueille à la porte de la maison. La pièce des invités est embaumée d’encens, une banquette circulaire bleu, le plafond de poutres et de planches sont peint en blanc. Le lieux est raffiné. L’épouse de notre hôte revient rapidement avec une théière. La jeune femme nous remplie les verres. Son époux dépose sur la table ronde une panière de galettes de pain frais, une assiette de miel de la vallée et un bol de beurre fondu.

Ce moment est particulièrement délicieux, nous le savourons. L’hôte invite également l’équipe des chameliers qui viennent de nous rejoindre. Un problème se pose car nous ne pouvons laisser la caravane des dromadaires chargés dans le chemin étroit du village. Les chameliers déclinent cette invitation généreuse.

Mariam et Khadija ont du mal à se comprendre avec les hôtes de cette vallée. Leur langue Berbére ayant des différences trop grandes, l’une venant de Ouirgane et l’autre de Bougmez. Mots, accents, rapidité de langages sont dissemblables.

En sortant de la maison toute la famille avec là grand-mère nous salue généreusement. Ce moment restera gravé dans les cœurs de l’équipe.

Nous reprenons notre marche sur le chemin ombragé de noyers et de peupliers trembles. Cinq cent mètres après la sortie du village, nous trouvons l’équipe assise au sol à l’ombre d’un arbre, savourant la générosité d’un autre habitant, d’une maison à l’écart du village. Il y a de l’espace et les dromadaires ne dérangent pas le passage de mulets chargés. Pas toujours simple de se croiser sur les chemins.

Cette vallée ressemble étrangement à la vallée de Bougmez, villages, flancs des montagnes arides, morphologie géologique. Nous apprécions tous ce petit paradis de verdure perché au cœur du haut Atlas oriental à 2000 mètres d’altitude. Les couleurs, la vie joyeuse. Quel contraste après la traversée caillouteuse de la montagne de l’Ayachi hier.

La piste devient parfois un chemin pour traverser les jardins. Une nouvelle portion de piste a été refaite facilitant l’accès aux villages pour les habitants. Le passage des oueds à secs nous montrent l’ampleur de la quantité d’eau qui peut dévaler des flancs des montagnes lors des grands orages.

Nous trouvons des écoles primaires dans tous les villages.

Nous arrivons au village de Tagoudite depuis les jardins, coupant l’oued qui irrigue les cultures. La remontée par les petites ruelles de l’ancien village entre ses maisons de terre est délicate. Les chameliers prennent quelques précautions avec les onze dromadaires chargés pour ne pas accrocher le coin des maisons. Le passage de notre caravane

crée une joyeuse attraction.

Les chameaux baraquent devant le gîte à

17 heures après trente km de marche à plat aujourd’hui.

Le parking pouvant accueillir quelques véhicules est insuffisant pour nos chameaux. Assou nous désigne un champs non cultivés juste en face de la maison et les habitants permettent que les dromadaires puissent brouter l’herbe verte des séguias d’accès de l’eau pour les cultures. Les chameaux sont ensuite bien attachés à deux genoux pour qu’ils ne puissent pas se relever et partir vers d’autres jardins bien vert.

Nous sommes accueillis par Assou qui nous attend devant sa maison toujours très chaleureux. Je l’ai rencontré il y a plus d’une année lors de nos repérages pour le passage de caravane d’Alice Morrison. Nous avions appréciés cette halte.

Une table est disposée sur une terrasse face aux jardins pour le thé et tisane d’accueil. Nous disposons de quatre chambres particulièrement propres. La cuisine est située au cœur de la maison, ce qui crée un esprit de convivialité. L’épouse de notre hôte et sa fille sont présentes et ravis de nous accueillir. Nous avons aux choix la douche chaude où le hammam « Beldi» (traditionnel) chauffé au bois.

Toute l’équipe des chameliers utilisera aussi le hammam.

Cette halte est généreuse et très appréciée.

Le repas est servit sur une table avec des chaises dans la pièce centrale de la maison. Harira et tadjines sont particulièrement délicieux. Nous goûtons une cuisine préparée avec amour.

Cette halte au cœur de l’Atlas Oriental est vivement conseillée, pour apprécier cette région peut connue, et des habitants généreux faisants honneur à leur pays.

Oui le « tourisme » est une affaire collective, et cette culture de l’accueil devrait être enseignée dans les écoles, car au-delà d’accueillir des voyageurs c’est une véritable ouverture sur le monde, les cultures, les différences et la paix.