Jour 11
De Sidi Hamza au M’goun
Mercredi 25 août
Nuit humide, soleil encore chargé de vapeur de la pluie d’hier soir.
Le rangement du bivouac est plus long ce matin, lendemain de pluie, les grandes bâches plastiques sont à plier, quelques tapis sont mouillés par l’eau qui s’est infiltrée sous la bâche. La journée d’hier était très difficile pour toute l’équipe, pour les chameaux par cette montée et et descente très raide.
A l’entrée du village deux « transits » Ford chauffent leurs moteurs diesel cliquetants. Une quinzaine de personnes attendent assises à côté de leurs bagages, que les voyageurs soient tous arrivés, tout le monde sait qui vient où os, pour rejoindre le souk. L’un des hommes a amené une brebis qu’il vendra au souk, avec cet argent il achètera des provisions.
Le sentier encore bien boueux, nous remontons un petit oued qui écoule encore un peu d’eau de la pluie d’hier. La forêt de cèdres est magnifique, une clairière avec des cultures bien vertes, irriguées par un petit tuyau qui détourne l’eau d’une source où poussent actuellement pomme de terre, mais et luzerne.
Le dernier vallon prête à questionnements, des centaines de cèdres énormes, gisent au sol emmêlés les uns les autres, certains arrachés avec leurs racines par un vent violent aux abords du col. Quelques uns sont en partie calcinés, feu d’inadvertances des bergers où la foudre qui aurait atteint ces arbres centenaires élancés propageant les flammes avec le vent ?
Cimetière d’énormes troncs d’arbres.
Nous rejoignons le Tizi’n « Amjod » (chauve), altitude 2360 mètres, après 2 heures 40 mn de montée très agréable sous les cèdres.
Descente avec des virages un peu raides où en épingles trop serrées pour nos chameaux du désert dont certains ont du mal à comprendre que pour tourner, ils doivent tourner l’arrière de leur corps dans le virage et pattes arrières pour ne pas se retrouver coincés. Les chameaux du désert ont souvent ce problème en montagne.
Nous rejoignons Azbeuzbat, jolie clairière entourée de tuyas, quelques très beaux pins d’Alep, des chênes verts. Deux fermes avec quelques plantations de pomme de terres, de la luzerne, un pêcher avec des fruits déjà très rouges. Quelques vaches broutent les restes de tiges d’orge. Un homme un peu foncé, nous indique de nous arrêter au delà des habitations, ce qui nous permet d’être plus à l’aise avec les dromadaires qui peuvent paître dans la forêt.
A peine les chameaux sont baraqués, le tonnerre commence à gronder et le ciel se noircît. Nous avons juste le temps de monter la tente cuisine et la tente des voyageurs et de les couvrir chacune d’une bâche plastique. Les gestes sont rodés par l’équipe. Les premières gouttes commencent rapidement à tomber, puis des grêlons. Nous apprécions d’être à l’abri même s’il fait chaud sous la tente. L’orage et le tonnerre grondent une heure et l’oued s’écoule rapidement. La température s’abaisse et il est agréable de s’assoupir pour une petite sieste.
Addi prépare déjà la soupe et le repas. Quelle vitalité après le travail de rangement du bivouac, chargements des chameaux, conduite de quatre chameaux aidé par Khadija qui prend plaisir à diriger une petite caravane.
Déchargement des bagages, installation du bivouac.
Les journées sont longues et chargées, les nuits en principe réparatrices.
Altitude 2040 mètres.





