Jour 22

De Sidi Hamza au M’goun

Dimanche 5 septembre

Fraîcheur ce matin, le début de l’automne s’installe.

Nous marchons en suivant l’oued M’jdig,

d’une berge à l’autre sur une bande de gazon bien ras par le surpâturage de fin d’été. Le clapotis de la rivière ce matin est un régal.

Ces jours nous effectuons deux étapes de la transhumance.

Nous remontons un plateau incliné où deux tentes de nomades M’goun sont installées. Autrefois ils utilisaient des nattes en joncs tissées avec des files de laine qu’ils déroulaient sur un cadre en bois. Lorsqu’il pleuvait, le jonc et la laine gonflaient, il ne pleuvait pas trop à l’intérieur. Un abris très précaire. Depuis 4 où 5 ans je n’en ai plus vue. Remplacés par un assemblage de carrés de différents tissus formant une tente. Abris basiques où la vie est très difficiles pour ces semi-nomades M’goun. Certains plus riches ayant des troupeaux plus grands ont des tentes en laine noir comme les Ait Atta.

Depuis l’extrémité de ce plateau, descente dans une gorge par un sentier en lacets, difficile pour la caravane des dromadaires. Brahim entame la descente en marchant lentement, Addi et Bendiche s’occupe aux virages serrés de stimuler les chameaux à ne pas hésiter et s’arrêter. En cas d’arrêt soudain, l’un d’eux doit bondir et vite détacher le dromadaire qui s’est arrêté car la corde à la narine où dans la mâchoire deviendrait une grande douleur. Il y a quelques jours la situation s’est produite, n’arrivant pas à détacher le pauvre chameau qui guellait Addi a sorti un couteau tranchant pour couper la corde et soulager le chameau.

Remontée de la gorge de Taghighracht jusqu’à la source et abreuvoir au pied du tizi’n Toudet.

Nous installons le bivouac juste en face, après quatre heures de marche. Altitude 2550 mètres.

Repos l’après-midi pour que les dromadaires puissent brouter jusqu’à la nuit les touffes d’Ifssis. Il ne reste plus d’orge dans nos provisions.

Mariam nous prépare un gâteau au chocolat et à l’Orange, Addi est le maître du pain, aidé par Khadija. Fabienne est venue prendre un cours de cuisine, en même temps donner un cours de français.

Bendiche nous offre un café « Berbére ». Ce café épicé très apprécié, que l’on consomme à la rupture du jeûne du Ramadan et qui redonne de l’énergie.

Voir la recette de Brahim sur le blog du site web de « dar daif » (Une cuillère à café de café en poudre, 1/2 c poivre, 1 c cannelle, 1/2 c gingembre (mieux frais râpé), un zeste d’orange râpée, une cuillère à soupe sucre semoule roux, 2 cuillère de lait en poudre. Chauffer doucement sans bouillir.)

Délicieux au goûter avec du pain sortant du four.

Cette source, abreuvoir et un nouveau puits creusé à proximité sont stratégiques pour les nomades M’goun.

Depuis notre arrivée au bivouac au moins huit troupeaux sont venus boire, et une quinzaine de groupes d’ânes souvent accompagnés de jeunes bergers ou bergères où de femmes, pour ramener de l’eau au campement avec des petits bidons chargés sur les ânes, et ce jusqu’à la nuit.

Une après-midi très animée et joyeuse, impression d’avoir installé le bivouac en bordure d’un village. Quelques bergers sont venus nous voir à notre campement.

A la nuit nos voisins nomades d’en face ont allumé un feu resté entretenu jusqu’à ce que je m’endorme.