Jour 14

De Sidi Hamza au M’goun

Samedi 28 août

Réveil par les crissements roques des foulques déjà actives sur le lac bien avant l’aube.

La nuit fût étoilée et un peu fraîche.

Abdellah, photographe et journaliste de Ouarzazate, et ami, nous a rejoint hier soir pour effectuer quelques belles images de la caravane.

Nous traversons deux heures le plateau des agdals jusqu’à l’assif Melloul. Nous remontons cette magnifique vallée d’Imilchil. Longeant l’oued, tantôt par le sentier sinueux dans les jardins, traversant de grands villages en pisé où l’on imagine une époque florissante. Triste de voir les champs de blés et d’orge couchés et recouverts de boue suite aux orages d’il y a une semaine. La vie est difficile pour ces montagnards. Quel courage et quelle foi pour assimiler les difficultés des intempéries toute l’année, du manque d’eau, du froid, du vent, de l’éloignement. Pourtant beaucoup d’efforts sont faits par l’administration, je peux le témoigner, pistes autrefois devenues aujourd’hui des routes, écoles primaires dans tous les villages, eau courante, électricité, dispensaires et depuis quelques années collèges et lycées dans les vallées les plus reculées. Tout cela ne suffit pas, chacun doit trouver une autonomie, le goût d’entreprendre, d’oser, et ce n’est pas facile dans ce nouveau monde. L’accès aux métiers est difficile pour les gens de la montagne.

Nous traversons le douar Sountate, ruelles étroites entre les maisons en pisé, deux greniers fortifiés, un grand nombre d’airs de battages en excellents état, recouverts de grandes lauzes de pierre.

Notre bivouac se situe juste en face du village, à l’entrée d’une petite vallée afin que les dromadaires ne soient pas tentés par la verdure des jardins.

Plusieurs femmes viennent nous voir, demandant du lait de chamelles, nous avons des chameaux ! D’autres souhaitent un peu de laine des chameaux, et malheureusement en fin d’été les dromadaires ont le poil ras. A la sortie de l’hiver une petite mue permet de récupérer la laine qui se détache facilement.

L’étape d’aujourd’hui dix huit kilomètres, six heures de marche.

Fin d’après-midi le ciel se dégage, nous pourrons sûrement dormir sous les étoiles.