Jour 5
De Sidi Hamza au M’goun
Jeudi 19 août
Brahim nous offre sa psalmodie qui transcende la nuit.
Petit déjeuner de l’équipe, il fait encore nuit.
Départ de la caravane à 8 heures 15 mn.
Dès qu’un espace un peu plat le permet des abris de nomades sont bâtis avec des pierres rondes de la rivière entreposées gauchement, pour effectuer des enclos « tafergant’ n’oulli ». L’un pour abriter la grande tente « tagkhamt » tissée en laine de brebis et poils de chèvres. Un autre enclos plus grand et un peu à l’écart pour accueillir les chèvres, un plus petit pour les brebis, et un très petit circulaire « tastourt n’irgd » pour les très jeunes chevreaux et agneaux pour éviter qu’ils soient écrasés les premiers jours par le troupeau serré la nuit. Ce petit enclos « nurserie » sera souvent recouvert d’une couverture pour les protéger du soleil l’été quand il fait très chaud, et des nuits froides en cas d’orage. La journée les cabris seraient tentés de grimper le mur de pierres pour rattraper leurs mères qui les appellent quand le troupeau part avec les bergers sur les crêtes pour pâturer. Les petits ne peuvent pas encore suivre toute la journée le troupeau. Cela évite qu’ils ne s’égarent à l’écart du campement où les chacals « ocheûn » seraient ravis de prélever un peu de viande fraîche.
Aux abords des campements sont disposés des sortes de cairns dont certains sont recouverts d’une vielle djellaba, un bâton, un morceau de foulard, faisant croire aux chacals la nuit que ces ombres sont des humains. Ces épouvantails « wawouf » sont destinés à protéger les troupeaux.
Si les chacals arrivaient en groupe, les nomades allumeraient des grands feux et taperaient dans des gamelles pour faire fuir ces chacals affamés. J’ai vécu une nuit comme cela lors d’une des transhumances que j’ai effectué. Cette « bataille » a duré plus d’une heure. Nous étions installés dans une gorge et l’éco des cris et voix raisonnaient dans la nuit. Un véritable film.
La veille bouilloire percée fixée en haut d’un cairn où en haut d’un mur où sur un toit, à pour objet d’éloigner le mauvais sort pour le troupeau et la famille. Il s’agit de croyances antérieures à l’Islam qui parfois perdurent.
La caravane remonte toujours à flanc de pente. Nous dépassons plusieurs campements de nomades, les familles sont pauvres, les tentes sont parfois en lambeaux. Une famille nous amènera une grande théière avec du pain cuit à l’instant.
La vallée sillonne jusqu’au tizi’n Boustough 2930 mètres.
Nous préférons rester juste en dessous du col sur un petit plateau pour effectuer notre bivouac à 2879 m.
Petite journée de 2 heures 30 de marche.
Brahim et Ayman descendent au pied du versant Ouest pour ramener 4 bidons d’eau.
Depuis le pied du col, l’ascension demain du Jbel Ayachi serait beaucoup plus longue.
Les bâches recouvrent les deux grandes tentes, petite pluie.





