Jour 15
De Sidi Hamza au M’goun
Dimanche 29 août
Nuit fraîche. Le ciel le plus étoilé de notre traversée, une voix lactée lumineuse. La lune est sortie vers deux heures du matin.
L’orage d’hier aurait-il nettoyé le ciel ?
Je vous partage cette petite vidéo effectuée l’année dernière que je n’avais pas encore posté. De circonstance aujourd’hui !
Le village sur les images est le douar Sountate à côté duquel nous avons fait étape hier, et d’où nous sommes partis ce matin.
Les deux légendes d’Imilchil:
Isli et Tislit « les fillancailles »
Sidi Ahmed Oulghani « Agoughame – Amghaghr » (le saint – l’ancien)
La vallée devient étroite et par la gorge rive gauche nous prenons l’ancien sentier au départ du village.
Ce matin à l’aube un « chibanis » est décédé, un appel spécial est effectué après la prière de l’aube au micro de la mosquée afin de prévenir les habitants.
Départ ce matin à 8 heures 30 mn. Nous marchons en direction du cortège funéraire dont les psalmodies nous parviennent. Nous nous arrêtons quelques minutes le temps d’expliquer le rite de l’enterrement.
Nous nous rapprochons des joncs de l’oued pour traverser discrètement sans déranger cette cérémonie sacrée.
Nous longeons le flanc de la montagne et bientôt la vallée s’élargit. Nous découvrons
une vaste plaine de culture, avec en alternance sur une rive de l’oued un grand village avec quelques Kasbahs fortifiées et des maisons très hautes. Trente minutes en amont un autre village sur le versant opposé. Déjà les paysans sont dans leurs carrés de terre, désherber, biner, des femmes assises au sol coupe la luzerne très ras et la transporte dans un carré de tissus sur le dos.
Nous pouvons observer la coiffe traditionnelle avec un foulard bleu presque indigo et un filin noir. Une des femmes croisées porte une très belle double fibules qui attache son châle.
Un mulet est attelé pour labourer avec un socle en bois. Un tracteur plus loin labour également. En coupant l’oued de l’assif Melloul, nous avons la chance d’apercevoir bien trente seconde un couple de « houd » huppe fasciée, un des oiseaux de ma préférence. Autrefois chassé pour l’utilisation de sa langue dans la magie.
Un moqadem nous accueille à l’entrée d’un village (chef d’un village), et traversera son territoire en nous montrant le meilleur sentier entre les jardins. Il fera un détour par son verger pour remplir la capuche de sa djellaba de pommes qu’il nous offrira.
Nous suivons le territoire du moqadem suivant que l’on croisera au grand village d’Ait Ahmagh
où se trouve le Mausolée de Sidi Ahmed Oulmghani cité dans la deuxième légende d’Imilchil dans la petite vidéo jointe.
Lieu du grand Moussem annuel des fillancailles. Pour cause de Corona sa prochaine édition annulée. L’année 2022 devrait être une magnifique année où nous espérons tant que la vie reprenne avec joie et sérénité.
A la sortie du village une dame et ses filles nous offre généreusement un verre de thé sur la terrasse devant sa maison, avec du pain, un bol d’huile d’olive raffinée et un grand pot de petit-lait tout frais. Nous apprécions cette belle halte.
Nous reprenons le sentier entre les jardins dont l’abondance de verdure est un régal sur notre passage, dégageant les odeurs de l’herbe encore mouillée de la pluie d’hier.
Au niveau d’arbalou nous effectuons le bivouac sur une grande terrasse qui domine la vallée resserrée en un défilé.
Dix sept kilomètres au cœur des jardins, six heures de marche.
Nous apprécions de nous asseoir à l’ombre sur les matelas déroulés sous la grande tente.
Une salade colorée, préparée par l’équipe arrive, avec du thé et du melon.
Le ciel gronde déjà, la pluie habituelle vient rafraîchir notre après-midi.





