Jour 1

Trajet véhicule Ouarzazate – Risani – Isk L’bia. Départ de la caravane

Le camion est parti il y a 3 jours avec Brahim, portant le matériel pour cette expédition de 42 jours de marche. Tentes,  matériel de bivouac pour les 3 voyageurs et l’équipe, cuisine renforcée permettant l’autonomie pour faire du pain et cuisiner. Des bâches plastiques pour protéger les tentes de l’humidité car au début d’hiver les pluies sont possible en remontant vers le nord jusqu’à la Méditerranée.

Le camion a récupéré à N’kob sept chameaux avec Addi et rejoint le point de départ au sud de Risani au village d’Isk L’bia (dernier village avant la frontiere).

Il y a deux jours Les voyageurs sont arrivés à Ouarzazate à Dar Daif.

Bénédicte et Nicolas (déjà venus 6 fois en randonnées) et Timothée (inscrit pour rejoindre cette aventure il y a une petite semaine avant le départ) se sont rencontrés et ont immédiatement sympathisé dès le premier repas.

Départ en minibus ce matin à 7 heures, c’est Hamma le chauffeur. Nous longeons le pied de l’Atlas jusqu’à Tinjdad, puis route plein sud pour Risani où nous faisons une petite halte acheter quelques légumes et herbes complémentaires cultivées dans la palmeraie.

Après avoir dépassé l’erg Chebbi je découvre que la piste de L’bia vient juste d’être goudronnée, facilitant l’accès aux villageois. Quel progrès.

Nous arrivons en début d’après-midi dans la famille de   que je n’ai pas vue depuis trois ans. Le premier thé à l’absinthe nous régale et nous mangeons le repas.

Brahim arrive avec les dromadaires pour charger nos bagages. Les dromadaires sont en bonnes forme, une belle bosse et ils sont bien vifs, reposés durant des mois dans un pâturage garnit d’acacias. Avec les deux Brahim ils partent directement au premier bivouac déjà installé. Brahim pour déjà préparer les paquets des charges des chameaux pour le grand départ de demain.

J’accompagne nos amis voyageurs entre les maisons en pisé de ce village du bout du sud Est du Maroc. Puis nous suivons la séguia principale dont l’eau sort de la foggara pour irriguer la maigre palmeraie. Cette palmeraie et jardins, comme le village sont récents, construits et cultivés par des nomades sédentarisés. Plusieurs campements restent installés proche du village. La survie s’effectue en partie avec les hommes qui travaillent dans des mines de fossiles de dents et d’ossements de dinosaures qu’ils revendent aux touristes et aux acheteurs grossistes. Quelques uns conduisent des 4×4 touristiques, il faut dire qu’ils connaissent parfaitement le désert qui n’a pas de secret pour eux jusqu’au delà de la vallée du Dràa où ils ont auttefois nomadisé.

A la sortie de la petite palmeraie nous suivons une trace d’ânes qui rejoint un des puits d’extraction de la foggara où des nomades viennent chercher de l’eau. En remontant l’oued sablonneux entre les touffes d’alfa, nous traversons un ensemble de petites dunes qui blondissent avec le soleil rasant bas sur l’horizon à cette période de l’année. Quelques grands tamaris un peu difformes dû à d’anciens oueds ayant coulé avec force et les ayant couché. Ces arbres comme les acacias, symboles du désert, sont extrêmement résistants à toutes formes d’agressions, et repartent presque toujours de leur survie même après les pires sécheresses où pluies diluviennes.

Addi apparaît entre les dunes avec sont allure juvénile. La joie se lis sur son visage pour le départ de cette nouvelle aventure.

Nicolas et Bénédicte sont ravis de retrouver les deux Brahim et Addi qu’ils connaissent très bien de plusieurs traversées ensemble. Timothée sera vite conquis par la gentillesse des garçons de l’équipe.

Nous rejoignons le premier bivouac  après deux heures de marche tranquille.

Bénédicte et Nicolas découvrent avec surprise la tente conçue pour eux pour vivre à deux pour cette grande traversée. Sorte de petite cabine de bateau qui devrait leur rappeler de bons souvenirs de marins. Dernière création de notre atelier de fabrication de nos tentes à Ouarzazate à Dar Daif. En effet nos tentes sont renforcées et adaptées aux conditions extrêmes du désert ainsi que différents types de sacs pour le transport de la nourriture et bagages. Notre première tente « grande traversée » était fabriquée pour Alice qui a vécu avec l’équipe durant 7 mois de traversée. Il lui fallait un lieu pour se retrouver. Pour vivre durant ces mois avec l’équipe des garçons, un lieu pour dormir, écrire, avec des poches pour ranger chaque jour ses différentes affaires personnelles et de travail, batteries, câbles, chargeurs…

Brahim nous appelle, la soupe est déjà chaude, et quelques tapis sont pliés autour du petit feu pour s’assoir plus confortablement pour la soirée.

Le ciel est extrêmement lumineux car la lune est entière. Ce qui est bien pour les premiers jours de bivouacs de la traversé.