Jour 5

Traversée massif du TOUBKAL

La nuit nous a apporté sa rosée et le ciel s’est dégagé ce matin.

Notre sentier serpente entre les terrasses. Au premier azib, dix minutes après notre départ Mohamed un muletier ayant voyagé avec nous il y a trois ans, nous invite à boire un café qu’il a déjà préparé à l’avance. Ici on t’invite puisque l’on sait que tu es là, cela ne se programme pas à l’avance par un rendez-vous !

Son épouse Aicha nous apporte un bol de beurre salé encore frais, une galette de pain cuite il y a quelques minutes dans un petit four à bois « tanoughrt » ainsi que des épis de maïs tout juste grillés. Mohamed nous sert le café épicé avec le lait de leur vache. Les dames sont invitées par Aicha à découvrir sa cuisine et le four à pain encore rempli de braises rouge.

Après ce deuxième petit déjeuner, nous continuons notre sentier en montée, entre les azibs situés dans la partie la plus haute de cette moraine aménagée.

La gorge se ressert et une magnifique cascade

« amazeughr n’Ighoulid » (cascade de la falaise), nous offre sa beauté.

Le sentier devient raide et s’élève en lacet en utilisant une vire. L’ambiance au milieu de ce cirque rocheux en granit est magique. Sur la croupe nous traversons une zone de tuyas qui adoucie le regard.

Nous découvrons le petit plateau suspendu du

« tizi’n Izguerne » (col des vaches), altitude trois mille mètres.

Les grandes tentes sont montées, et le tapis du midi avec les tabourets sont déjà près.

La salade fraîche est appréciée.

Après-midi sieste, lecture.

Les nuages nous encerclent créant une ambiance particulière, des pans de falaises apparaissent et disparaissent. Magie des nuages, nous bivouaquons à leur altitude.

Des chèvres viennent nous rendre visite.

Nous nous endormons dans les nuages.

Pour ceux qui se sont levés la nuit, le ciel était dégagé et toute la plaine du Haouz et de Marrakech illuminés. La lune jouant de ses ombres entre les crêtes rocheuses.