Jour 4

Traversée massif du TOUBKAL

Le soleil n’est pas encore levé dans la vallée, nous traversons le village d’Imlil, quelques boutiques sont juste ouvertes. Nous nous élevons au cœur de cet immense verger, composé de noyers dont quelques-uns centenaires, pommiers, cerisiers, cognassiers, pruniers, figuiers et de quelques céréales.

Nous contournons le village de M’zik dont je me souviens il y a plus de quarante ans les maisons étaient toutes construites en pierres et en pisé. Le ciment est venu apportas modernité des pièces plus larges avec des ouvertures lumineuses.

La vallée d’Imlil et son oasis de montagne sont unique et on su profiter de la venue des touristes Marocains et étrangers, des voyageurs et des trekkeurs pour réussir son développement.

Après quelques lacets raides, nous rentrons à flanc dans une forêt clairsemée de tuyas, protégée grâce à la zone du territoire du parc National du Toubkal. Le ramassage du bois par les villageois et des feuillages des arbres par les bergers sont strictement interdits.

Nous croisons quelques randonneurs marocains en descente. Au tizi’n M’zik, altitude 2470 mètres, un petit café propose des jus d’oranges pressés. Chacun se délecte d’un grand verre de vitamines.

Brahim installe le repas de midi à l’ombre d’un tuya, nous apprécions le confort des petits tabourets recouvert d’un coussin !

Le sentier à flanc de pente contourne tous les talwegs, et dans les pentes raides un faucon crécerelle aux couleurs fauves vient survoler notre passage.

Nous dominons les azibs de Tamsoult et nous observons une ancienne moraine au milieu de deux glaciers qui se rejoignaient. Nous remarquons la limite supérieure de ces anciens glaciers par la roche usée. Cette moraine centrale composée de très gros blocs instables, et se terminant en pointe là où les deux glaciers se rejoignaient, se trouve un azib (bergerie) accroché à la pente raide, semble-t-il par un file de terre. Je ne peux m’empêcher de penser à cette magnifique phrase de Tahar ben Jeloun « Ma maison est si petite accrochée au flanc de la montagne, que la mort ne m’a pas vue ».

Nous traversons l’auge de cet ancien glacier pour monter sur cette moraine façonnée par des décennies de travail des habitants du village de Tizi Oussem. Construction de terrasses aux murs de pierres rondes et des milliers de voyages de mulets dont les chouaris chargés de terre, puis fumée par le fumier des brebis et des vaches pour rendre ces terrasses cultivables. Sur ces cultures d’altitude pousse orge, maïs, plusieurs sortes de courges, navets, pomme de terre, oignons, quelques pommiers plantés il y a peu et de l’herbe pour les animaux. L’eau s’écoule par une séguias généreuse.

Nous rejoignons le refuge de Tamsoult à 2270 mètres où Mohamed nous a préparé une infusion d’herbes aromatiques.

Le ciel est resté chargé d’un plafond nuageux très haut, que le soleil arrive à percer quelques minutes en cette fin de journée.

Nous sommes cinq à installer notre bivouac sur la pelouse devant le refuge.