Transhumance 2025
Jour 8
Le bivouac de la Transhumance à la source d’Ikkis est le plus agité. Toutes les caravanes se retrouvent au pied du dernier plissement de l’Atlas, au pied du tizin Tighist. Le passage de la ligne de la crête est interdit tant que les « Amine » des trois tribus (Aït Mohamed, Aït Bougmez et Aït Atta), n’ont pas validé l’ouverture de « l’Agdal » (pâturage de l’estive d’été). La date est alignée sur des accords établis après une guerre tribale. Si un troupeau s’aventurait avant l’ouverture « officielle » une amende conséquente s’effectue sur le nombre de bêtes et suivant animal (brebis, chèvre, dromadaire, âne, mulet) qui seraient repérés par les trois gardiens de l’Agdal.
La date officielle étant le 1er juin, l’ouverture réelle est souvent un, deux ou trois jours avant.
L’amende affligée pour les nomades qui s’installeraient avant la date d’ouverture est quantifiée suivant le type de l’animal et le nombre.
Âne, mulet, dromadaire, vache : 50 dirhams par tête et par jour.
Chèvre, mouton : 5 dirhams.
Il y a quelques années un nomade Aït Atta s’est installé un jour avant il a dû payer 2.000, dhs d’amende chez le Caïd.
Une petite dizaine de familles nomades et semi-nomades des trois tribus partagent cette année cet espace de bivouac très resserré où pas une tente ne trouve un replat, nous dormons tous dans la pente.
Les appels des bergers, les bêlements et les aboiements des animaux se croisent en écho dans cet amphithéâtre au pied du Jbel Azourki. En fin d’après-midi il a bien plu, à la tombée du jour le ciel est très couvert, les feux s’allument au pied des tentes. Les bergers rassemblent leurs troupeaux, allument quelques touffes « d’Ifssi », touffes épineuses et fleuries violets (sitiz hérisson) pleine d’essence qui s’enflamment même mouillées.





