Transhumance 2025

Jour 10

Aujourd’hui samedi nous partons au souk d’Aït Mohamed. Petite bourgade située sur le piémont Nord de l’Atlas.

Agréable petit déjeuner au soleil, nous nous délections de ces moments de douceur, savourant le lieu du bivouac de Tamda.

Une heure de marche pour rejoindre la route en longeant le cours d’eau, l’herbe n’est pas encore broutée, et les fleurs sont remplies d’insectes, de papillons qui butinent.

Le sixième minibus local s’arrête, il a la place pour nous prendre, il vient de Zaouïa Ahansal et emmène ses passagers au souk d’Aït Mohamed.

J’aime rejoindre ce souk après l’arrivée des nomades, car on y croise des bergers et villageois que l’on n’a pas vue depuis l’année précédente, un marché authentique, comme il y a trente ans.

Assis sur une terrasse qui domine l’activité bouillonnante du souk, nous buvons un petit thé parfumé.

Nous nous nous glissons dans le flot du mouvement pour découvrir les objets agricoles adaptés à l’activité du moment. Les moissonneurs viennent chercher des morceaux de roseaux taillés qu’ils ajustent à leurs doigts, dans lesquels ils glissent leurs doigts pour attraper une gerbe de blé ou d’orge et faire trancher avec la faucille sans se couper. Nous déambulons en traversant les différents secteurs, de corporations regroupées. J’achèterais un bidon de « Ouijane » (goudron de genévrier thurifère ou de thuya. L’équivalant de l’huile de cade). Cette sorte d’huile épaisse et noire est un antibactérien puissant qui éloigne tiques et insectes, que l’on badigeonne sur les chameaux autour de la tête, dans les plis des jambes où viennent se loger ces insectes. Cette huile goudron est encore utilisée comme désinfectant des cruches en terre qui contiennent l’eau à boire, et dont les bols en terre sont également enduits et parfume l’eau !

Nous traverserons le hall des bêtes entières dépecées, viandes accrochées qui attendent l’acheteur. Nous ferons halte juste derrière dans un café populaire pour goûter le foie de chèvre avec la crépinette. Nous découvrons le souk des légumes et des fruits, colorés et très frais. Nous pouvons choisir un melon bien mur avant de rejoindre les garçons de l’équipe au petit café tajine où nous nous sommes donné rendez-vous pour manger un tajine commandé ce matin.

Anciennement Aït Mohamed était une garnison militaire construite en 1926 par les Français pour pacifier les tribus Chleuhs récalcitrantes.

Je développerais le sujet ultérieurement sur le « carnet de voyage » de cette transhumance déposé sur le site web de désert et Montagne Maroc.

Retour avec un pickup chargé de farine qui nous dépose dans virage. Des nomades voyageant avec nous ont également fait des provisions. Nous remontons à pied le petit sentier pour atteindre le bivouac et retrouver la famille d’Ahmed et d’Ito, Mohamed et Aïcha.

Une belle soirée dans ce bivouac magique et agréable.