Sur les vires de la Transhumance, un passage s’est écroulé.

J5 – Jeudi 24 août 2023

Le ciel est couvert dès le matin. Nous nous réchauffons avec la tâche du travail, l’énergie est plus difficile à mettre en route ce matin, la fatigue se fait sentir.
Le muletier arrive à dix heures, chargés de deux poutres qui nous permettent de terminer le deuxième passage en installant une passerelle pour enjamber la faille verticale et gagner un mètre de largeur sur le chemin. Il est accompagné d’un deuxième muletier du M’goun qui transportera toute la journée du gros sable prélevé dans le cône d’éboulement d’une cascade proche. Ce sable nous permet de cimenter la base du dernier passage, de caler les poutres et les deux premières rangées de pierres.
La brouette tellement chargée a usé les deux attaches de l’axe de la roue, Saïd trouve la solution provisoire pour la remettre en état pour continuer le transport indispensable des grosses pierres sur plusieurs centaines de mètres. Nous terminons le deuxième mur ce soir ainsi que le dallage horizontal des deux passages, c’est un grand soulagement.
Nous avons piqué avec l’aide d’un gros burin, d’une massette et d’une masse la partie du surplomb de la roche qui gênait encore le passage de dromadaires chargés en hauteur. Travail éprouvant que nous avons réalisé à trois en nous relayant, car nous frappons le burin en hauteur, sans échafaudage pour s’élever un peu. La roche étant composée de couches de sédiments très solides et étonnement souple, il est difficile de casser ces strates qui s’effritent difficilement, à force de ruses en exploitant les moindres failles existantes nous arrivons à retirer une bonne partie de ce surplomb.
Toute la journée l’orage à tourné autour de nous dans les montagnes et vallées, quelques gouttes ont nécessité de bâcher la tente.
Il nous reste demain une grande journée pour jointoyer de ciment la dernière rangée de pierres et toute la partie du passage horizontal entre les pierres pour éviter une dégradation lors des pluies torrentielles.
Il fait froid ce soir sur notre vire à 3000 mètres d’altitude, comme accrochés à un nid d’aigle, à peine huit degrés, alors qu’à Marrakech il est annoncé plus de quarante degrés comme à Agadir, quel contraste !
Au bivouac toilette très légère avec la température fraîche.
Nos deux boulangers ce soir sont Mohamed et Ali, préparation de la soupe par Rachid, un peu la routine.
Moins joyeux qu’hier soir, la chèvre est terminée ! La fatigue s’accumule pour toute l’équipe, particulièrement pour nos les Malhéms Ahmed et Saïd, pour qui vivre dehors n’est pas coutumier.
Un grand bravo à tous.
Peu d’images aujourd’hui, j’étais trop occupé à travailler et faire avancer le chantier. Il faut absolument terminer parfaitement le travail demain. Nous allons y arriver.