Sur les vires de la Transhumance, un passage s’est écroulé.
J3 – Mardi 22 août 2023
La bouilloire sifflote, l’aube se précise.
A sept heures les baudriers sont enfilés, nous continuons aujourd’hui à préparer la base du mur du soutiens en creusant avec un burin et la massette une sorte de marche sur la dalle rocheuse inclinée, pour que le mur ne glisse pas.
Le Malhèm Ahmed et Mohamed commencent à monter en pierres sèches la base du mur, comme une clef de voûte.
Mohamed le muletier M’goun arrive après cinq heures de marche du petit village d’Erg avec deux poutres anciennes de troncs de tuya, récupérées dans un azib écroulé. Cela nous permet d’armer le mur avec ces deux poutres et de renforcer la longévité du mur, car le bois étant un amortisseur antisismique, résiste aussi aux intempéries, au gel de l’hiver et aux pluies torrentielles.
La caravane de nos dromadaires est aussi partie ce matin du premier bivouac du pied des montagnes et arrive avec une partie du matériel technique, et du ciment laissé au col.
Mohamed avec son mulet et des bidons effectue des navettes d’eau à la source, à trente minutes du lieu de travail.
Toute l’équipe roule blocs et rochers, pour que les deux maçons commencent à bâtir le mur. Nous utilisons les deux poutres de bois pour armer en voute le milieu du mur, doublé à l’intérieur d’un chainage ferraillé en béton qui sera ainsi protégé du gel qui fait éclater le ciment.
Nous montons le mur plus d’un mètre et nous voyons maintenant l’espace du nouveau passage sur la vire. Comme Rachid conduit le triporteur de Dar Daïf nous plaisantons de le ramener ici, cela serait plus pratique pour charrier les tonnes de pierres que nous avons porté aujourd’hui. Nous avons tous ce soir le dos et les épaules qui nous font mal.
Il est dix-sept heures trente, Mohamed sonne le gong, nous posons pioches, masses et pelles pour rejoindre la tente où nous attend un peu d’eau chaude pour une toilette de chats. Le temps du repos est apprécié.
Le ciel est bien chargé et des traces d’orages se profilent sur les hauteurs du M’goun, peut-être que nous serons mouillés ce soir ?





