Jour 8

Au pays des Aït ATTA

Nous rejoignons la crête du cirque en louvoyant entre les buis « azazeur » (plante très toxique), bien reverdie grâce à l’humidité de la neige.
Durant les périodes de disettes anciennes, les nomades Ait Atta, mangeaient les feuilles d’ « Oul-koud » (petite asphodèle), utilisées bien cuites pour agrémenter un plat de semoule où une soupe, un peu comme des tiges fraîches d’oignons.
Du col, la vue est superbe au sud Est des dégradés de crêtes et de montagnes se succèdent, l’horizon brumeux, comme sur les aquarelles de Samivel. La descente s’effectue en cheminant sur quelques vires au pied des falaises Est de Tassigdelt. La descente devient plus facile sur le plateau incliné, en suivant le sentier qui nous conduit dans la gorge d’Afourar. La sécheresse a fait des dégâts, une partie des arbres fruitiers ont séché, la pluie tardive de fin d’hiver à tout de même permit de semer quelques céréales et reverdir miraculeusement arbrisseaux et arbres fruitiers. Nous longeons l’oued et la falaise jusqu’à Boua-louze. Ce lieu il y a quelques années était particulier, l’oued coulait en permanence et sous la cassure d’un changement de pente, une belle « gouille » d’eau profonde et froide permettait de plonger de la petite falaise qui surplombait de trois où quatre mètres et de nager. Mohamed (de l’équipe) qui habite d’origine juste à côté a appris à nager ici. A Ouarzazate à partir de Dar Daïf, Mohamed accompagne les balades en canoës sur le lac. Par suite d’orages il y a quelques années cette gouille d’eau s’est remplie de cailloux, le bain d’eau fraîche est aujourd’hui inimaginable.
Nous montons sur une vire qui atteint la maison d’Ahmed où nous apprécions la fraîcheur de l’ombre pour prendre notre déjeuner sur des tapis en « lirette » colorés (tissages de bandes de tissus).
Nous nous endormons profondément pour une sieste, répartis dans le salon et une chambre.
Notre bivouac est installé en bordure de jardins d’amandiers sur un espace non cultivé.
Un jeune garçon vient irriguer ses cultures dont il maîtrise parfaitement l’ouverture et la fermeture des séguias pour le passage de l’eau pompée dans un puits.
Ce soir nous dégustons le couscous chez Hamed.