Jour 10
Au pays des Aït ATTA
Route pour la vallée du Drâa que nous remontons jusqu’à Timidart où nous avons rendez-vous avec Abderrahim pour découvrir ce magnifique ancien village fortifié, sa mosquée en restauration. Abderhahim nous explique les différentes cultures de la palmeraie, le laborieux travail de la culture des dattes nécessitant de monter dans le palmier quatre ou cinq fois par an pour obtenir une excellente qualité de fruit. De la pollinisation des fleurs femelles par les fleurs mâles dont l’action de l’homme est nécessaire pour que le fruit de la datte soit d’une qualité supérieure, car la pollinisation naturelle par les insectes est insuffisante. A l’entretien régulier des régimes qui se gonflent de dattes et peuvent peser jusqu’à quarante kg, nécessitant de consolider la tige du régime en croisant en renfort les tiges d’autres palmes. Le travail de la cueillette et récolte des fruits. Abderhahim nous emmène visiter son laboratoire de transformation des fruits en sirop, confiture, farine.
Nous sommes accueillis pour une dégustation de ses produits naturels de dattes fraîches et de produits transformés.
Dattes nobles : Boufgouss (cousin Mjloul), Bouskri.
Dattes courantes : Bousstami, giéle.
Route pour Ouarzazate où nous retrouvons notre amie Marion qui a été opéré en urgence de l’appendicite à 74 ans et qui se porte bien aujourd’hui et son mari Johannes.
Repas joyeux et festif.
Fin d’une très belle traversée des aiguilles du Jbel Saghro.
Tribus des Aït ATTA
« La confédération ou plus précisément la « super tribu » des Ayt ῾Atta regroupe, depuis le xvie siècle au moins, des éléments divers, d’origine berbère en majorité, ayant absorbé des arabes berbérisés, des nègres soudanais (Ignaouen des Ayt Ahlim), des ḥarrāṭīn, voire des juifs islamisés (Ayt bu Ya῾qub des Ayt Y῾azza). La plus ancienne mention les concernant est de Marmol Caravajal qui cite une province d’Ytata dans sa Descripcion generale de Africa (1571). Les Ayt ῾Atta se seraient organisés au cours du xvie siècle pour résister aux Arabes Ma῾qil qui avaient envahi le Sud marocain. Ils avaient été aidés, au début, par un marabout, Moulay ῾Abdallah ben Hocein, fondateur de la Zaouïa de Tamesluth près de Marrakech, à laquelle les Ayt ῾Atta, du moins les clans les plus importants, restent rattachés.
D. Hart considère les Ayt ῾Atta comme une « supertribu » parce que toutes les tribus qui les composent se réclament d’un ancêtre commun Dadda ῾Atta, bien qu’aucune ne soit capable de retracer exactement ses liens généalogiques avec ce personnage qui n’est pas entièrement légendaire. Dadda ῾Atta aurait été un disciple de Moulay Abdallah ben Hocein, mais d’autres traditions, chez les Ayt ῾Atta du nord, le rattachent à Sidi Saïd Ahansal* qui vécut au début du xiiie siècle. En fait les Ayt ῾Atta ont deux igurramen : le majeur Moulay ῾Abdallah qui est honoré par les Ayt ῾Atta du sud et par ceux situés à l’est de Bou Main du Dadès, le mineur Sidi Sa’ïd Ahansal qui reçoit l’allégeance des Ayt ῾Atta situés au nord du Dadès. Les premiers n’hésitent pas à accomplir de longs déplacements pour apporter, en février-mars, leurs offrandes, en ziyara, au tombeau de Moulay Abdallah à Tamesluth, dans la région nord de Marrakech. »
Extraits de Encyclopédie Berbére / Atta (Ayt).





