Jour 8

Entre deux déserts

La traversé de la plaine à l’Ouest nous rapproche d’un plissement rocheux. Nous marchons maintenant entre les acacias qui poussent particulièrement dans les oueds descendant de ces pants inclinés de montagne.
A l’occasion d’une petite pose, nous verrons les traces de trois anciens fours à charbon de bois. Un « cimetière d’acacias » pourrions-nous dire, car brûler des troncs d’acacias pour faire du charbon de bois est criminel dans un pays où le désert est si rude pour la végétation. Heureusement cette pratique est devenue interdite il y a déjà plusieurs années et ces fumerolles de charbon de bois qui se voyaient autrefois dans l’Atlas et dans le désert ont disparu.
Pose midi sous l’ombre d’un bel acacia. Le thé garni d’herbes du désert préparé par Brahim est toujours très apprécié. Le second Brahim aidé d’Iddir découpe les légumes cuits et crus d’une salade composée, de la tome de fromage de chèvres parfumée au thym venant de la coopérative de Ouarzazate.Une petite sieste en
début de digestion, pour les voyageurs et pour l’équipe, chacun s’assoupi.
Le parcourt devient vallonné et franchit des collines séparées de vallées creusées par de grands oueds qui coulent lorsque les pluies orageuses sont violentes, ce qui est si rare ici.
Dans un vallon ouvert sur l’immense plaine j’observe deux grands anneaux d’un fin trait de cailloux déposés sur le sol et dont le cercle est parfait. Cela m’intrigue et je reviens dix minutes en arrière pour mieux observer. Ce n’est pas un enclos pour les brebis où les chèvres, trop grand. Cela me rappelle les différents monuments du Drâa, avec un petit tumulus (cairn) au centre. Je mesure au pas ces deux cercles,
l’un de trente mètres de diamètre, le second cinquante mètres, disposés à côté, sur un sol légèrement incliné vers le sud. Un gros tumulus d’un diamètre de dix mètres monté avec des grosses pierres, caché au fond d’un petit vallon domine à cinquante mètres l’axe des deux cercles.
Sur le plateau à quelques centaines de mètres, quatre gros tumulus surplombent le lieu.
Étrange et bien difficile à comprendre. La précision des cercles et le type de disposition, je ne les ai jamais observé ailleurs.
Seule indication que je peux remarquer, d’autres monuments de grandes envergures se situent également en bordure d’une immense vallée où un oued très large comme pour ces types différents de tumulus dans le bas Draa, au sud d’Assa et dans l’oued Chbika. Dont des monuments à « antennes » d’ampleur similaire, avec deux antennes où deux ailes de cent mètres à deux cents mètres de longs. Cette où ces civilisations dateraient de cinq milles à sept milles ans d’après de premières estimations dont il n’existe pas d’étude approfondies à ma connaissance, nous éclairant sur le type de pratiques, d’adorations de ces civilisations. Peut-être faut-il chercher du côté de l’Egypte, du Yémen où du Soudan des similitudes ?
Notre bivouac est proche de l’oued Bouigh-Ghrnima. 5 heures de marche.
Un petit feu éclaire notre dernier bivouac. Brahim nous offre ce soir une excellente
pizza du désert.
La lune tarde à sortir sur l’horizon ce soir, elle sera d’une couleur orangée.