Jour 2
Entre deux déserts
Route 230 kilomètres, plein Est, puis Sud. A notre arrivée au rendez-vous avec les
chameliers l’horizon est déjà bouché par un ciel voilé de poussières qui
tourbillonnent, il est juste midi.
Avant de charger les dromadaires de nos sacs nous mangeons tomates et fromage à l’abri du vent au pied d’une butte.
Le désert nous accueille avec le vent.Il pleut au Nord de l’Atlas ainsi que sur la côte
Atlantique, cette pluie salvatrice, tant attendue depuis des mois. La météo indique
également une poche de pluie vers Risani, à moins de 80 km d’où nous commençons notre marche.
Le sable est soufflé maintenant par un air frais, presque marin. Nous marchons entre les calotropis procéras (pommiers de sodome), grillés par le gèle d’il y a 15 jours. Le matin le gaz était devenu épais et nous avons eu du mal à chauffer l’eau.
Les chameaux chargés des tentes et du matériel sont partis ce matin tôt dès l’arrivée du pickup.
Nous trouvons le bivouac déjà installé aux pieds d’énormes tamaris où le vent est un
peu freiné. L’équipe a bien préparé et tendu les tentes.
Nous fabriquons nous même ces tentes en toiles épaisses dans notre atelier à Dar
Daif. A l’expérience des années de traversées, le modèle des tentes nomades est
celui qui résiste le mieux aux vents du désert et procure un bel espace de vie.
C’est la première fois cette année depuis le redémarrage des traversées que le vent
vient nous accompagner.
Souvent le vent s’estompe au coucher du soleil s’il s’agit d’un vent thermique. Si la
masse nuageuse proche continue de déverser l’eau la nuit, le vent risque de ne pas
s’arrêter.
Cette première nuit dans le désert pourrait être agitée pour l’équipe des voyageurs
arrivés hier matin à Ouarzazate. Le vent continue de souffler. C’est ainsi le désert
parfois.
Le mois passé était très calme, froid la nuit avec des ciels remplis de myriades
d’étoiles.
Vers une heure du matin des grosses gouttes de pluie mouillent mon visage. Je dors
dehors malgré le vent, j’aime l’air.
Brahim lui aussi dehors se lève aussitôt. Nous réveillons l’équipe endormie pour
couvrir d’une bâche plastique la tente nomade où dorment une partie des voyageurs ainsi que la tente cuisine pour l’équipe. Nous retendons les petites tentes igloos au cas où la pluie soit violente. Nous nous glissons sous les bâches plastiques et dans nos sacs de couchage pour nous replonger dans nos rêves.






